|
1.1. L'activité
liée aux changements politiques
L'élection
du Président de la République au début de l'année 1995 a provoqué un
changement de gouvernement qui s'est traduit, pour la commission, par le dépôt
de 32 déclarations de fin de fonctions pour les ministres du gouvernement
de M. Balladur et de 33 déclarations de début de fonctions pour les
nouveaux ministres du premier gouvernement de M. Juppé.
Le remaniement ministériel intervenu à l'automne 1995 n'a eu que peu
d'incidence sur l'activité de la commission. Cette dernière a, en effet,
considéré, conformément aux dispositions du troisième alinéa de
l'article 1er de la loi du 11 mars 1988 modifiée, qu'aucune nouvelle déclaration
ne pouvait être exigée d'un membre du gouvernement ayant cessé ses
fonctions alors qu'il avait établi depuis moins de six mois une déclaration
de situation patrimoniale de début de fonctions. Ainsi, le remaniement
ministériel ne s'est traduit que par le dépôt de deux nouvelles déclarations
de début de fonctions.
Les élections municipales, quant à elles, ont entraîné le dépôt de 281
déclarations de patrimoine par les maires des villes de plus de 30 000
habitants : 63 déclarations de début de mandat et 218 déclarations de fin
de mandat. La commission a ainsi été amenée à apprécier la variation
des situations patrimoniales pour l'ensemble de ces 218 dossiers.
1.2. L'activité
issue des changements législatifs
La loi organique du
19 janvier 1995 a fait entrer les parlementaires dans le champ de compétence
de la commission, alors que ces derniers déposaient auparavant leur déclaration
de situation patrimoniale auprès du bureau de l'assemblée à laquelle ils
appartenaient.
Cette nouvelle législation a eu pour première conséquence d'entraîner le
transfert des dossiers de déclaration de patrimoine de 576 députés du
bureau de l'Assemblée nationale à la commission. Depuis ce transfert, la
commission a eu à statuer sur les variations de situation patrimoniale de
51 députés.
La seconde conséquence est que les sénateurs entrent progressivement dans
le champ de compétence de la commission, au fur et à mesure du
renouvellement des trois séries. D'ores et déjà, le renouvellement de la
série C en 1995 s'est traduit par le dépôt de 96 dossiers de déclaration
de situation patrimoniale.
A cette occasion, la commission a estimé que le législateur avait entendu
réserver à une instance unique l'appréciation de la variation de la
situation patrimoniale d'un élu à raison de ses divers mandats et
fonctions. Dès lors, le bureau du Sénat demeure compétent pour recevoir
les déclarations de patrimoine que les sénateurs appartenant à une série
non encore renouvelée auraient à établir à raison des mandats locaux ou
de délégations de signature visées à l'article 2 de la loi du 8 février
1995 dont ils seraient par ailleurs titulaires.
Si pendant la période transitoire, un sénateur appartenant à une série
non renouvelée venait à perdre son mandat parlementaire, il devrait déposer
à la commission une déclaration de situation patrimoniale au titre des
mandats ou délégations mentionnés à l'article 2 de la loi du 11 mars
1988, dont il demeurerait titulaire.
La loi du 8 février 1995 a également élargi l'obligation de déclaration
de situation patrimoniale à de nouvelles catégories d'élus :
Représentants français au Parlement européen ;
Présidents d'un groupement de communes doté d'une fiscalité propre dont
la population excède 30 000 habitants ;
Conseillers régionaux, conseillers exécutifs de Corse, conseillers généraux,
adjoints aux maires des communes de plus de 100 000 habitants, lorsqu'ils
sont titulaires d'une délégation de signature du président de l'assemblée
ou du maire.
A ce titre, les élections municipales du mois de juin 1995 se sont
accompagnées, pour la première fois, du dépôt de 588 déclarations de
patrimoine émanant des adjoints au maire titulaires d'une délégation de
signature, pour les 36 villes comprenant plus de 100 000 habitants. A ces déclarations
sont venues s'ajouter celles des 72 présidents d'un groupement de communes
doté d'une fiscalité propre et dont la population excède 30 000
habitants.
1.3. Les difficultés
rencontrées par la commission
1.3.1. Respect de la
formalité de déclaration
Les lois des 19 janvier et
8 février 1995 ont allongé le délai de déclaration qui est passé de
quinze jours à deux mois mais sans toucher à la sanction de non-déclaration
qui reste celle de l'inéligibilité pendant un an. Pour les personnes non
élues, ce délai est d'un mois et l'absence de déclaration est sanctionnée
par la nullité de la nomination.
La commission a observé que, si cette règle était dans l'ensemble bien
observée, elle était assez mal appliquée par les adjoints au maire. En
effet, un rappel a dû être adressé à près de 20 p. 100 d'entre eux. La
commission a estimé que ces négligences pouvaient être mises sur le
compte de la première application des récentes dispositions législatives.
C'est pourquoi elle n'a pas considéré comme nécessaire de saisir
l'autorité compétente afin que celle-ci constate cette carence.
La commission s'est cependant interrogée sur le cas des adjoints au maire
qui n'avaient pas répondu à un premier, puis à un deuxième rappel. Un
courrier a été adressé aux maires des communes dont il s'agit afin de les
informer des risques d'inéligibilité qui pesaient sur certains de leurs
adjoints. Puis un contact téléphonique a été pris avec chacun des
adjoints, au demeurant très peu nombreux, ce qui a permis à la commission
d'obtenir les déclarations patrimoniales manquantes.
Dans ce cas, la commission n'a pas souhaité s'adresser aux maires pour
demander à leurs adjoints de respecter les obligations légales auxquelles
ils étaient soumis, estimant que la loi instaurait une relation directe
entre la commission et les intéressés. Elle a néanmoins considéré que
les maires devaient être informés des risques encourus par les élus de
leur conseil municipal, eu égard, notamment, aux conséquences politiques
de telles carences.
Enfin, la commission a dû, à de nombreuses reprises, solliciter des maires
les arrêtés portant délégation de signature aux adjoints, afin d'établir
la liste des personnes soumises à l'obligation de déclaration de
patrimoine.
En tout état de cause, une information plus large et plus rapide devrait être
mise en oeuvre par les ministères compétents auprès de l'ensemble des
personnes soumises à déclaration de patrimoine afin que les dispositions législatives
soient bien connues de tous.
1.3.2. Précision de la
déclaration
La commission a été
amenée à demander au cours de l'année 1995, comme d'ailleurs à différentes
reprises au cours des années précédentes, des précisions sur l'évolution
de la situation patrimoniale de certains élus. Ainsi, près de 16 p. 100
des déclarations ont fait l'objet d'une demande de complément
d'information.
Ce chiffre, encore assez élevé, traduit, d'une part, l'entrée dans le
champ d'activité de la commission d'élus qui étaient jusqu'alors exemptés
de déclaration de situation patrimoniale. Il semble ainsi qu'une période
d'apprentissage soit nécessaire avant que le formulaire établi en 1993
soit parfaitement utilisé.
Ce chiffre peut, d'autre part, s'expliquer par les exigences particulières
de la commission qui a retenu une définition de la situation patrimoniale
différente de celle souscrite à d'autres titres et notamment auprès des
services fiscaux. Certains éléments de la déclaration ne figurent pas,
par exemple, dans l'assiette de l'impôt de solidarité sur la fortune (en
particulier les oeuvres d'art), alors que d'autres ne sont pas considérés
par les intéressés comme des éléments de patrimoine (montant des comptes
courants, capital d'une assurance-vie).
Il faut également noter que la commission a dû par deux fois demander aux
intéressés des précisions relatives à une diminution de leur patrimoine.
Il s'agissait, dans ces deux cas, de donation aux descendants. Cette éventualité
n'étant pas rare, elle devra être indiquée plus précisément dans le
formulaire de déclaration de situation patrimoniale.
Le pourcentage des demandes de précision est néanmoins en constante
diminution puisqu'il atteignait 36 p. 100 en 1993 et 25 p. 100 en 1994, ce
qui montre que l'existence et le fonctionnement de la commission sont
maintenant bien connus de la majorité des élus.
|